06/11/2007

La petite fille aux allumettes

Numériser00010

 

Salle le Kursaal à 4830 Dolhain - Limbourg - Gare de Dolhain-Gileppe

Prix 9,50 EUR (11 EUR sur place)

Réservation : 087/76.50.09 ou 0497.57.60.09 ou courriel : art.digital@natureettechnique.be - www.natureettechnique.be

coupon réponse à renvoyer avant le 5 décembre 2007 à Nature & Technique asbl, BP 48, 4700 Eupen

Introduction de Pascale Baudimont, initiatrice du spectacle

"Chère lectrice, cher lecteur,

Depuis longtemps, j'ai nourri l'envie de créer un spectacle féérique de Noël. Aujourd'hui, grâce aux techniques numériques, c'est devenu possible. J'ai adapté l'histoire de la petite fille aux allumettes, de manière à susciter des réflexions sur la fête de Noël et sur les relations Nord-Sud.

Il existe deux mondes, avec des perceptions de la réalité entièrement différentes : d'un côté celui de la faim, la misère, l'exploitation de l'homme par l'homme, dans des conditions d'esclavage moderne du "toujours moins cher", symbolisé ici par la petite fille aux allumettes; une enfant si injustement misérable éblouie par la flamme d'une allumette ...

Les flammes des allumettes sont fragiles et vulnérables comme la vie. Elles deviennent comme des lumières magiques de la nuit de Noël, elles procurent à la fillette des moments de joies intenses. De l'autre côté, celui de l'égoïsme des riches aveugles à la misère du monde : ceux qui ne veulent que préserver des apparences, où Noël est la grande fête internationale du commerce et la célébration matérialiste de la gloutonnerie, du gaspillage par l'abrutissement des nourritures, d'alcools, de bruits, de lumières, de musiques sirupeuses et clinquantes. Le monde de ceux qui ne se rendent pas compte du dénuement et du délabrement de la misère qui les guette et dont ils sont aussi les victimes.

Mon intention est de faire passer un message : la société de consommation est chaque jour plus présente si loin et/ou si proche, le réel et la fiction se marient, une vérité psychologique peut devenir un cauchemar, mais il y a toujours l'espoir, aussi vulnérable que la flamme d'une allumette et aussi puissant que la magie de Noël.

Que vous soyez jeune ou âgé, en famille ou seul, je vous souhaite une merveilleuse soirée de Noël."

Pascale Baudimont

L'auteur

Il était une fois l'histoire de Hans Christian Andersen

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 Hans Christian Andersen naquit dans une petite ville de la province danoise au début du 19ème siècle, dans les couches les plus basses de la société. Son père, cordonnier, l'a bercé avec du Shakespeare, la Fontaine, les mille et une nuits, et les comédies de Holberg. Ce père décéda d'une longue maladie alors que Hans Christian Andersen n'avait qu'une dizaine d'années, ce garçon fut ainsi livré à lui-même. Hans construit un théâtre de marionnettes avec lequel il joua longtemps au dépend de sa scolarité. Il était un enfant rêveur et très sensible.

Au début de son adolescence, gonflé de vanité et confiant en la providence, il partit pour Copenhague. Avec beaucoup de culot, il s'attira la protection et l'aide de personnes haut placées dans la société. Hans voulait devenir comédien : il se distingua en tant que chanteur mais perdit sa voix à l'âge de quatorze ans. Il parvint à monter sur scène grâce à la danse, mais sans beaucoup de succès. C'est alors qu'il tenta d'écrire des pièces, mais son manque de culture lui fut cruel. Un protecteur lui offrit la possibilité de s'instruire, il obtint un diplôme mais arrêta d'étudier. Il était trop instable et fantaisiste pour cela.

Il commença à écire des poèmes et put ainsi vivre modestement de sa plume. Sa vie d'avanture débuta alors et dura vingt ans ...

Nul autre poète de son époque n'a fait de voyages aussi longs et nombreux que lui. Il visita de nombreux pays. Hans voulait recueillir un maximum d'impressions et de la matière pour ses oeuvres.

C'est lors d'un séjour au château de la duchesse Augustenborg, au milieu de la somptuosité et de la profusion princière, que naquit "La petite fille aux allumettes". Ce conte met en évidence les privations et la misère, ce qui lui fut inspiré par la vie de sa propre mère.

Hans réussit à gagner l'affection des personnes qui croisèrent sa route et eut beaucoup d'amis. Il ne se maria jamais et mourut en 1875 suite à une chute.

"J'ai dit que ma vie me paraissait réellement être un conte, aussi riche et marquée de changements aussi étranges, j'avais fait l'épreuve tantôt de la  pauvreté et de la solitude, tantôt de la vie sous les riches lambris; je connaissais la risée et la gloire. (H.C. Andersen)

La petite fille aux allumettes

Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue : elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes : elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue. Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières : de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir : c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blotit, tirant à elle ses petits pieds : mais elle grelotte et frisonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie et son père la battrait.

L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. "Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts ?" C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était ! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement : le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

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Elle frotta une seconde allumette : la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise : elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes : et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien : la flamme s'éteint.

L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs : de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle : l'allumette s'éteint.

L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles : il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu. "Voilà quelqu'un qui va mourir" se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette : une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

"Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh ! tu vas me quitter quand l'allumette sera étiente : tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi". Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin : c'était devant le trône de Dieu.

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes. "Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ?". D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avaient vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

Hans Christian Andersen

à suivre ...

Amicalement,

Francine

 

15:02 Écrit par Francine dans NOEL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : limbourg, belgique, andersen, conte, noel, nord-sud, pauvrete, espoir |  Facebook |

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