22/12/2006

Sources de vie, décembre 2005 : aperçu de notre visite, à Burhale, avec quelques photos.

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Tout d’abord, je voudrais remercier les deux personnes qui dès sa naissance ont souhaité la bienvenue à notre nouveau blog, l’un d’eux, signé « un new Yorkais »,  vient de loin, c’est un bon présage pour un premier « commentaire », j’espère que cela portera chance aux familles de Burhale. Elargir nos échanges « Belgique-Burhale (R.D.Congo) » à New York, ce serait merveilleux.  J’ose espérer que ces deux contacts ne s’éteindront pas aussitôt nés.

 

Grâce à mon travail dans une ONG, j’ai eu la chance de rencontrer les familles autour de nos projets, au Brésil (Salvador da Bahia), en Inde (Calcutta), en Ouganda (Kampala) et son voisin de la Région des Grands Lacs, la R.D. Congo (Burhale), et partout, « au cœur de notre être », j’ai découvert la même ressemblance entre eux et moi : nous ressentons tous le même ESPOIR : vivre dans un milieu de paix, de justice, deux facteurs essentiels pour se sentir en sécurité, ce qui inclut l’accès à la nourriture en suffisance, l’hygiène source de santé, l’éducation source d’emploi, d’un minimum de bien-être et d’insertion sociale, et aussi le bonheur d’être entourés de personnes qui nous apportent quelque affection et considération. Et par dessus tout, que nos enfants, souvent les premières victimes innocentes des adultes,  connaissent une enfance qui réponde à leurs besoins, ils deviendront alors des adultes épanouis et auront à cœur la construction d’un monde plus respectueux des hommes et de la nature source de vie.

 

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Nous descendons les collines, autrefois couvertes d’arbres, elles ont été déboisées par la coupe anarchique du bois. Nous voyons déjà les courbes de niveau qui ont été tracées et les haies de protection (trypsacum) qui ont été plantées en suivant ces courbes, pour lutter contre l’érosion des terres. Les eaux de pluie ont été canalisées dans des fossés de protection. La coupe (contrôlée) du trypsacum fournissent du fourrage pour le bétail.

 

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La corvée eau pour les enfants et les mamans est désormais plus facile : la distance pour chercher l’eau est réduite (50 à 1.600 mètres), des sentiers en lacets relient les villages aux sources et des escaliers ont été aménagés. Même les enfants de 5 à 6 ans et les femmes enceintes descendent facilement à la source par les sentiers nivelés, gradués et assainis.

 

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Des plantes antiérosives (pelouse) recouvrent tous les sites sauf sur quelques terrains rocailleux.

 

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Les enfants et les mamans puisent une eau de qualité en quantité suffisante.

 

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Les familles bénéficiaires de la source avec les animateurs et animatrices de SOFEBU « Solidarité des Femmes de Burhale », l’ingénieur hydraulicien du BTGRH « Bureau Technique de Gestion des Ressources Hydriques » et les représentants de l’ONG Nord. Tous très heureux et réconfortés de voir le travail qui a été réalisé et le souci qu’ont les familles de garantir sa durabilité.

 

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Un filtre à eau.

 

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Les familles veillent à la propreté du site pour conserver une eau propre.

 

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Même les enfants participent à la protection de l’eau, ils entretiennent la pelouse.

 

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Fossé d’écoulement des eaux. Les familles sont chargées de son entretien.

Un comité de gestion de l’eau a été constitué à chaque source, ses membres qui ont été formés s’assurent que les familles respectent l’eau et participent aux travaux communautaires pour maintenir sa durabilité.

Durant ces mois très difficiles vécus par la population, les activités du projet se sont déroulées avec satisfaction. Cela a été un très grand encouragement et réconfort pour cette population sinistrée et coupée du monde. Malgré tout, des personnes extérieures continuaient à les soutenir, un projet de développement était en train de naître pour eux, et avec eux, leurs conditions de vie s’amélioraient progressivement, chaque fois qu’une source était captée et aménagée.

 

Notre visite s’est déroulée dans une ambiance ambivalente : joie de visiter des sources bien aménagées et entretenues par les bénéficiaires, mais tristesse à la vue des femmes et des enfants affamés, déguenillés, dépourvus de tout. Joie des bénéficiaires qui nous accueillent à chaque source, mais ambiance lugubre qui se dégage des marchés locaux où les échoppes sont dépourvues de portes (elles ont été volées ou détruites par les rebelles), les marchandises rares,  les gens et les enfants dépourvus de la vivacité et de la joie, si souvent rencontrées en Afrique, pas de chants, pas de danses, par d’instruments de musique qui retentissent.  Les femmes tendent la main, les enfants vous regardent avec l’espoir de recevoir un « cadeau », une aide quelconque, même quelques Francs Congolais qui leur permettraient d’acheter un savon, par exemple.  La visite de l’hôpital de Walungu et du centre de santé de Burhale, nous ont montré dans quel état de délabrement, les infrastructures de santé se trouvent. Dans les villages, par peur de violences,  les gens restent enfermés chez eux, les routes non entretenues rendent leur accès très difficile en voiture par temps de pluie et toute fuite rapide, en  cas de danger, impossible. Les rebelles sont toujours retranchés dans les forêts des collines voisines, chaque jour des récits circulent de personnes tuées, enlevées, rançonnées, femmes violées … La population est toujours dans la crainte que les hostilités ne reprennent, mais en même temps, un grand espoir est né, face à un début de paix enfin retrouvé.

 

Durant cette mission, différents signes d’espérance précurseurs de paix ont été perçus : notre visite (des Occidentaux se risquaient enfin pour venir les rencontrer dans leurs  villages éloignés de tout), la visite du Mwami (chef de collectivité), la visite du président de la R.D.Congo, à Bukavu, tout cela, nous a rendues très proches (deux représentantes de l’ONG Belge) de la population et a fait naître, parmi celle-ci, l’espoir que les actions de développement se poursuivront dans la région. La dynamique de développement est en bonne voie, il serait préjudiciable pour la population très  démunie de tout qu’elle s’arrête en si bon chemin, faute de soutien extérieur. Nous lui souhaitons longue vie et courage.

 

Francine