24/06/2008

Violences sexuelles faites aux femmes

vendredi 20 juin 2008

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXIGE DES PARTIES AUX CONFLITS ARMÉS QU’ELLES METTENT FIN À TOUS LES ACTES DE VIOLENCE SEXUELLE

Vous trouverez sur le blog mentionné ci-dessous, des informations sur le Conseil de Sécurité de l'ONU qui s'est tenu le 19 juin dernier, débat sur le problème des violences sexuelles faites aux femmes, notamment dans le Kivu, RDC.

Vous y lirez aussi une intervention de Monsieur Charles Michel, Ministre de la Coopération au Développement Belge.

http://afedeasbl.blogspot.com/ 
Action des Femmes pour le Développement
Il faut être soi-même le changement que l'on souhaite voir dans le monde. Mahatma Gandhi

Bien à vous et à bientôt,

Francine

16/06/2008

Un message des femmes congolaises


Un petit bonjour à tous et à toutes qui nous faites l'honneur de visiter notre blog de Burhale ... 
Nous vous faisons part ci-dessous d'une info que nous venons de recevoir. Il s'agit d'une lettre adressée au Conseil de Sécurité de l'ONU, de la part d'une septantaine  d'organisations locales qui représentent les femmes en République Démocratique du Congo.
Celles-ci  implorent une aide pour mettre fin à la violence sexuelle dans leur pays. 
Un débat important aura lieu sur la question au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU, ce 19 juin prochain.
Nous vous remercions d'avance de bien vouloir prendre connaissance de leur message.
En solidarité avec les Femmes du Congo, Amicalement, Francine

 
 Les Femmes Congolaises Implorent le Conseil de Sécurité de l’ONU d’Aider à Mettre Fin à la Violence Sexuelle

Le 12 juin, 2008   
 
Excellences,  
Au nom des femmes congolaises, nous sommes heureuses de l’attention que vous portez à la crise causée par le fléau de violence sexuelle dans les situations en conflit et post-conflit. Nous croyons que le Conseil de Sécurité ait un rôle essentiel à jouer pour mettre fin aux abus dont nous, et nos sœurs ailleurs dans le monde, continuons à être victimes. En effet, des milliers des filles et femmes dans les zones de conflit à travers le monde sont victimes de viol et de violence sexuelle commis par les membres des groupes armés. Nous sommes très heureuses que le Conseil ait planifié la discussion sur ce problème le 19 juin, et nous exhortons les membres du Conseil à remplir leurs obligations comme gardiens de paix et de la sécurité internationales.
 
Nous, les 71 organisations locales qui représentons les femmes de la RDC, voudrions saisir cette opportunité pour vous exprimer nos graves préoccupations liées au drame de violences sexuelles qui sont perpétrées sur les femmes et les petites filles de la RDC, particulièrement à l’est du pays.
 
Nous avons souffert beaucoup pendants les années de guerres. Malgré les efforts fournis au niveau international, régional, national et local pour ramener la paix en RDC, la guerre contre les femmes ne cesse de s’amplifier de plus en plus. 
 
Nous craignons l’extermination de notre société à cause de la violence sexuelle qui une fois faite sur une femme peut affecter ses enfants et toute la communauté.
 
Tous les belligérants et même notre propre armée congolaise sont à la base de la violence sexuelle, et maintenant, après plusieurs années de destruction, cette menace est devenue malheureusement une partie de notre culture.
 
Il est difficile d’imaginer le nombre de personnes, hommes et femmes confondus, décédés de fait de la violence sexuelle. Pendant le seul mois d’avril 2008 dans la province du Nord-Kivu, plus de 880 cas de viol étaient documentés par les ONGs et les agences des Nations Unies. Mais cela ne représente qu’un dixième des cas qui restent inconnus de fait de la peur, la honte, la stigmatisation, l’enclavement et l’impunité généralisée.
 
Nous sommes vulnérables dans nos champs, dans les rues, et même dans nos propres maisons. Même nos filles âgées d’au moins 3 ans sont vulnérables quand elles jouent avec leurs amis ou sont sur le chemin de l’école.
 
La famille nucléaire, base de notre société, n’existe plus. Aujourd’hui au Congo, la femme est devenue un objet. Nous ne sommes pas protégées. Nous n’avons pas la justice. Il y a une crise d’autorité et une culture de l’impunité.
 
Nous constituons plus de 52% de la population congolaise, mais nous occupons moins de 10% des sièges en violation de notre propre constitution pendant que la guerre contre nous continue.
 
Convaincues que la violence sexuelle constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité, ce fléau doit être clairement perçu comme une menace contre la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde entier.
 
Nous saluons l’intention du Conseil de Sécurité à mettre sur pied une résolution spéciale par rapport à la violence sexuelle. Nous souhaitons que cette résolution, qui sera d’une importance capitale pour nous et pour les femmes du monde entier, au minimum tienne compte de nos préoccupations pressantes et les recommandations suivantes :
 
  • Premièrement, nous vous exhortons à inclure le renforcement des systèmes judiciaires nationaux comme un élément intégral du mandat des missions de l’ONU dans les zones de conflit. Les mandats doivent aussi inclure un appel pour garantir la justice internationale là où la justice nationale n’est pas opérationnelle. Ce sera aussi important que vous insistiez sur le fait que les auteurs de violence sexuelle ne soient amnistiés après les conflits, et que les pays concernés soient exhortés à fournir une protection adéquate aux victimes et aux témoins. La violence sexuelle n’est pas prise au sérieux par le système judiciaire ici au Congo, qui n’a ni la volonté ni les ressources pour réagir. Nous espérons que vous pouvez nous aider à assurer que tous les auteurs présumés de la violence sexuelle sont transférés à la justice et jugés – et pas récompensés avec les promotions politiques et militaires.
 
  • Deuxièmement, nous vous encourageons à privilégier la prise en charge des victimes et à intégrer cet aspect comme élément intégral de votre réponse aux conflits. Les femmes et les filles qui ont été victimes de  violence sexuelle ont besoin des soins médicaux urgents pour soigner leurs blessures physiques et mentales. Notre société ne peut pas guérir tant que les blessures de nos femmes et nos filles ne sont guéries. Nous croyons que la provision des soins médicaux aux victimes de la violence sexuelle est nécessaire pas seulement pour leur paix individuelle, mais pour notre société à fin de rétablir la paix entièrement.
 
  • Troisièmement, alors que nous applaudissions votre condamnation récente de la violence sexuelle dont nous souffrons, et vos actions dans ce sens, nous vous rappelons que nous avons souffert pendant des décennies sans aucune action notable de votre part. Il faut nous rassurer que cette situation ne sera plus jamais répétée au Congo ou ailleurs. Le Conseil de Sécurité ne devrait pas se taire pendant que des milliers des femmes souffrent du fait d’une violence sexuelle inexprimable. Nous prions le Secrétaire Général de vous donner l’information sur les degrés et les modes de la violence sexuelle dans toutes les situations avant le Conseil, pour permettre votre analyse et action au moment opportun.
 
  • Finalement, nous souhaitons que vous mettiez en place un mécanisme chargé de suivre le processus d’adhésion des états aux résolutions pertinentes et antérieures concernant les femmes, notamment la Résolution 1325 qui demande explicitement des actions sur l’impact de guerre aux femmes, et les contributions des femmes à la résolution des conflits et la paix durables.
 
Étant donné l’ampleur de la catastrophe de la guerre sur les femmes dans notre pays, nous souhaitons que le Conseil Sécurité puisse accorder à ces recommandations toute la priorité qu’elles nécessitent.  
 
Veuillez agréer, Excellences, nos salutations distinguées.  
 
Une Coalition de 71 ONGs Congolaises qui représentent les femmes de la RDC :
 
1.       ACAEFAD (Action Chrétienne d’Aide aux Enfants et Femmes Abandonnés et pour le Développement)
2.      ADIJ (Action pour le Développement Intégral de la Jeunesse)
3.      AES/Sud-Kivu
4.      AFECOD (Association des femmes Pour la Conservation de la Nature et le Développement Durable)/CRAF/Sud-Kivu
5.      AFEJUCO/Sud-Kivu
6.      AMALDEFEA
7.      APANIVIP (Actions de Promotion et Assistance pour l’Amélioration du Niveau de Vie des Populations)
8.      APDEV /Sud-Kivu
9.      APPEF (Actions Pour la Promotion et la Protection de l’Enfant et de la Femme)/ Nord-Kivu
10.  APREDECI (Action Paysanne pour la Reconstruction et le Développement Communautaire)
11.   APROFEDD (Association pour la Promotion de la Femme et de l’Enfant pour le Développement Durable)/Sud-Kivu
12.   ASADHO (Association Africaine de Défense des Droits de l'Homme)/Sud-Kivu
13.   ASPD (Action Sociale pour la Paix et le Développement)
14.   ASSODIP (Association pour le Développement des Initiatives Paysannes)/Section des Droits Humains
15.   ASVOCO (Association des Volontaires du Congo)
16.   AVIFED/CRAF
17.  Blessed Aid
18.   CADERCO (Centre d’Appui pour le Développement Rural Communautaire)
19.   CADRE (Comité d’Appui au Développement Rural Endogène)
20.  CAFED (Collectif des Associations des Femmes Pour le Développement)/Nord-Kivu
21.   CAPP (Change Agents Peace Program)
22.  Caucus des Femmes/Sud-Kivu
23.  CEMADEV-Femme
24.  Centre Olame/Sud-Kivu
25.  CEREBA Goma
26.  Children’s Voice
27.  CISF/Sud-Kivu
28.  CODHO (Comité des Observateurs des Droits de l’Homme)/ Nord-Kivu
29.  COJESKI (Collectif des Organisations des Jeunes Solidaires du Congo)/Nord-Kivu
30.  COPADI (Construisons la Paix et le Développement)
31.   CREDDHO (Centre de Recherche sur l’Environnement, la Démocratie et les Droits de l’Homme)
32.  CRONGD (Conseil Régional des Organisations Non Gouvernementales de Développement)/ Nord-Kivu
33.  DJAD
34.  EFIM (Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérables)/EAC
35.  EFPS/CRAF/SUD-KIVU
36.  ETN
37.  FESOP
38.  FUDEI (Femmes Unies pour le Développement Endogène et Intégral)
39.  GADHOP/Nord-Kivu
40.  GALE
41.   GEAD (Group d'Etudes et d'Actions Pour un Développement Bien Défini)/Nord-Kivu
42.  Groupement Féminin Sud-Kivu
43.  GTDP (Genre et Tradition pour le Développement et la Paix)
44.  Héritiers de la Justice
45.  IFEDI (Initiative des Femmes pour le Développement Intégré)
46.  LIPD (Lutte et Intégration des Paysannes au Développement)
47.  LOFEPACO (Ligue des Organisations des Femmes Paysannes du Congo)
48.  NYAMULISA/CRAF
49.  OPIFET (Œuvre pour la Promotion des Initiatives des Femmes Transporteuses)/Sud-Kivu
50.  PAFEVIC (Programme d’Appui aux Femmes Victimes des Conflits)
51.   PAIF (Promotion et Appui aux Initiatives Féminines)/Nord-Kivu
52.  PDH (Promotion de la Démocratie et Protection des Droits Humains)
53.  PENDE/Nord-Kivu
54.  PPSSP/Nord-Kivu
55.  R2SF (Regard Rural Sans Frontière) /SUD-KIVU
56.  REFED (Réseau Femme et Développement)/NORD-KIVU
57.  REID (Réseau d’Initiatives Locales pour le Développement Durable)
58.  REPRODHOC (Réseau Provincial des ONGs de Droits de l'Homme)/Nord-Kivu
59.  SAFDF/Nord-Kivu
60.  SAFEDI (Syndicat des Associations Féminines pour un Développement Intégral)
61.   SAJ (Synergie pour l’Assistance Judiciaire aux Victimes de Violations des Droits Humains au Nord-Kivu)
62.  SARCAF
63.  SFPJ
64.  SFVS (Synergie des Femmes contre la Violence Sexuelle)/Nord-Kivu
65.  SOFEPADI (Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral)/Nord-Kivu
66.  SOPADI (Solidarité et Paix pour le Développement Intégré)/Uvira/Sud-Kivu
67.  SOPROP (Solidarité pour la Promotion Sociale et la Paix)
68.  TGD
69.  UWAKI/Sud-Kivu
70. VICO (Village des Cobayes)/Sud-Kivu
71.  YWCA/CAFCO/Sud-Kivu
 
 


Il faut être soi-même le changement que l'on souhaite voir dans le monde. Mahatma Gandhi

15:04 Écrit par Francine dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femmes, congo, violences sexuelles, afrique, kivu, rdc |  Facebook |

06/05/2008

Violences sexuelles en RDC

Campagne des femmes congolaises  contre les violences sexuelles en RDC

Le Centre Féminin d'Education Permanente (CFEP) soutient activement la campagne des femmes congolaises contre les violences sexuelles en République Démocratique du Congo, destinée à la communauté internationale (www.rdcviolencesexuelle.org). L'objectif de cette campagne est de changer le visage de la lutte contre ces violences sexuelles, désormais connues de tous, qui perdurent à l'Est de la RDC mais qui affectent également d'autres zones moins médiatisées.

La campagne est menée par un regroupement d'organisations locales de femmes, bien décidées à surmonter les particularismes régionaux, politiques, philosopiques, religieux qui fragmentent le tissu associatif féminin, à rassembler les énergies, les compétences, les moyens. Ces ONG locales dénoncent l'instrumentalisation des victimes, dont l'énumération des malheurs sert à la collecte de fonds au profit d'associations qui défilent dans la région du Kivu et se livrent à la surenchère. Elles remettent en cause le bien-fondé et l'efficacité des nombreuses interventions extérieures qui, malgré leur bonne volonté et leur bonne foi, créent une situation de dépendance et peinent à intégrer leur action dans la dynamique socioculturelle et psychosociale des communautés et des personnes qu'elles veulent secourir.

Bien plus que de simples bénéficiaires de l'aide internationale, les ONG de femmes locales demandent à être reconnues comme des actrices à part entière et des interlocutrices représentatives. Aujourd'hui, elles sont préoccupées quant à la durabilité de leurs actions car maintenues dans une relation de dépendance : elles ne sont pas informées sur les initiatives internationales, elles sont écartées des discussions avec les bailleurs de fonds. Elles se sentent mises de côté et s'inquiètent de ce qui se passera sur le terrain lorsque les agences onusiennes et les ONG internationales s'en iront.

Ce qu'elles revendiquent, c'est d'être considérées comme parties prenantes à la reconstruction de la RDC ainsi que l'a reconnu la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Leur message aux ONG internationales, aux bailleurs de fonds  et aux agences onusiennes est le suivant : travaillons ensemble et travaillons efficacement, reconnaissez notre expérience et notre expertise, impliquez-nous dans vos interventions auprès des victimes ! Pour elles, renforcer l'autonomie des ONG locales, c'est renforcer celle des victimes, leur permettre de devenir des agents de leur propre reconstruction et de la reconstruction de leur communauté.

Ces ONG de femmes lancent un vibrant appel contre l'impunité et la banalisation des violences qui ruinent tous les efforts de reconstruction durable. Elles revendiquent la création d'un système et d'un processus de justice approprié, le dépassement d'une vision d'aide d'urgence au profit d'un processus global de reconstruction, la valorisation des associations de terrain et de la diaspora, le refus de tout amalgame entre ces violences utilisées comme arme de guerre et des comportements socioculturels, des campagnes de sensibilisation et d'information à grande échelle visant à vulgariser les lois sur les violences sexuelles promulguées par la RDC ainsi que les instruments juridiques internationaux qu'elle a ratifiés, et ce, tant auprès de la population que des politiques, judiciaires, militaires et des groupes armés.

Elles dénoncent le laisser-faire des dirigeants de tout bord, réclament leur engagement au plus haut niveau dans la lutte contre l'impunité, refusent des arrangements à l'amiable en faveur des coupables des violences sexuelles et prônent le combat contre les pratiques coutumières rétrogrades. Aidons-les à faire entrendre leur voix et à agir !

Marie-Chistine LEFEBVRE

Présidente du CFEP

10, rue du Méridien

1210 Bruxelles

Tél. 02.229.38.42

En aidant ces femmes, vous aiderez les Femmes de Burhale ...

Merci de prendre le temps de lire ce message écrit par la présidente du CFEP et qui illustre si bien la situation des femmes de Burhale qui luttent pour leur survie et celle de leurs enfants.

Amicalement,

Francine

un autre moyen de les aider gratuitement en surfant solidaires avec nous sur le moteur de recherche VeoSearch ...

et en soutenant notre projet sur ce même moteur de recherche ...

Merci à vous qui passez par là ...

10/03/2008

Journée internationale de la femme

A l'occasion de la journée internationale de la femme, je viens dire un petit bonjour à toutes les femmes du monde.

Malheureusement, en ce jour de fête, je viens aussi vous montrer que tout n'est pas encore rose dans notre monde ...

L'article est très parlant aussi je vous le transcris comme reçu des femmes de Burhale.

Merci à vous toutes,

Amicalement à vous tous et à vous toutes,

Francine

« VIOLENCES FAITES AUX FEMMES EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO » Cas spécifique de l’Association Solidarité des Femmes de Burhale « SOFEBU », 1994 – 2003. 

           

L’Association Solidarité des Femmes de Burhale, SOFEBU, en sigles, est une dynamique de plus ou moins 4.000 femmes soutenues par des hommes de bonne volonté ayant pour objectif principal le développement intégral de leurs villages respectifs dans le domaine de l’agriculture, l’élevage, l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

L’Association Solidarité des Femmes de Burhale, SOFEBU, en sigles, se trouve à + 55 km de la ville de Bukavu, à l’Ouest, sur l’axe routier Bukavu-Mwenga, Bukavu-Shabunda dans la chefferie de Ngweshe, Territoire de Walungu, Province du Sud-Kivu.

La chefferie de Ngweshe compte 16 groupements, parmi lesquels, le groupement de Burhale rayon d’action de la solidarité de femmes de Burhale.  Le groupement de Burhale compte + 40.000 âmes.

 

En 1994, la République Démocratique du Congo alors Zaïre, a ouvert ses portes par les villes de Bukavu, de Goma et d’Uvira aux Hutu-Rwandais (Civils et militaires en armes) que venaient de chasser leurs compatriotes Tutsi regroupés au sein du FPR (Font Patriotique Rwandais).

 

De tous les Hutus-Rwandais qui sont entrés par la ville de Bukavu, la chefferie de Ngweshe a hébergé trois camps parmi lesquels trois ont été érigés dans les limites du groupement de Burhale (Tshimanga : 19.000 réfugiés civils), Bulonge (Camps FAR Forces Armées Rwandais), Izirangabo 3000 réfugiés civils) et 1 camp dans le groupement de Kaniola.

 

De 1996 (arrivée de l’AFDL de Mzee Laurent Désiré Kabila soutenue par une cohorte des militaires Tutsi-rwandais) à 2003, l’Est de la R.D.Congo et plus particulièrement le groupement de Burhale, a été fortement secoué par des guerres à répétition avec comme graves conséquences le vol, les viols, les déplacements des peuples, les pillages, les destructions méchantes et des assassinats.

 

Puisque nous parlons de Burhale, nous voulons montrer dans les lignes qui suivent que notre association, la Solidarité des Femmes de Burhale, « SOFEBU » n’a pas été épargnée de sévices de ces guerres à répétition.  Sans parler de différents pillages de ses biens déjà constitués à l’époque, notre attention va plutôt s’arrêter sur des cas des violences sexuelles faites à certaines de 4.000 femmes, toutes membres de SOFEBU et vivant dans le rayon d’action SOFEBU, en groupement de Burhale.  Nous avons pu les identifier grâce aux rapports journaliers, hebdomadaires et ou circonstanciels de  nos animatrices des cellules ; rapports confirmés à l’issue des échanges que nous organisions avec les victimes en compagnie de la zone de santé rurale de Walungu qui nous a beaucoup assisté en acceptant de nous tenir compagnie dans nos différentes cellules, d’organiser le dépistage volontaire du VIH/SIDA en faveur des victimes des viols et de leur garantir les premiers soins en cas de besoins.  En effet il faut souligner ici que la zone de santé rurale de Walungu est partenaire de SOFEBU qui est membre de son conseil d’Administration.

 

Les cas que nous citons dans les lignes qui suivent s’étendent sur la période allant de 1994 (arrivée des Hutu-rwandais en R.D. Congo) à 2003 (démantèlement de la dernière milice armée : Mudundu 40) :

-         En mai 1995, SOFEBU a enregistré 30 cas de violences sexuelles perpétrées sur ses membres par des Hutu-rwandais dans quatre de nos cellules : NJOVE (12 cas parmi lesquels 4 blessées graves), Cihambe (6 cas), Buha (7 cas) et Nyakakoba (5 cas).  Toutes ces quatre cellules sont très proches de Bulonge qui hébergeait les Ex-FAR.

 

-         En octobre 1996, au cours de leurs ratissages, des militaires Tutsi-rwandais de l’AFDL, de passage dans Burhale, ont violenté 20 femmes, membres de SOFEBU, localisées dans trois cellules : Lukumbo (9 cas), Cikamba (7 cas) et Burhale (4 cas).

 

-         La période allant du mois d’août 1998 (insurrection du RCD) au mois d’avril 2003 (fin des hostilités dans Burhale) a été trop pénible pour des femmes, membres de SOFEBU.  Au cours de cette période, trois camps de militaires étaient érigés dans Burhale en face de deux camps des milices armées (Mudundu 40 d’un côté et les FAC du général Padiri de l’autre côté).  Toutes ces factions armées se faisaient la guerre presque tous les deux jours et après s’en suivaient vols, viols, pillages et tueries contre les paisibles citoyens.  C’est pendant cette période même que SOFEBU a enregistré plus de cas de viols de ses membres : 280 cas de viols des femmes et jeunes filles membres de SOFEBU identifiés dans 10 cellules :

 

-         Cellule Burhale : 40 cas parmi lesquels 30 mamans et 10 jeunes filles.  Les viols ont eu lieu dans les foyers des victimes mêmes.

 

-         Cellule Mwegerera : 20 cas parmi lesquels 15 mamans et 5 jeunes filles dans leurs maisons d’habitation.

 

-         Cellule Murhaza : 36 cas parmi lesquels 32 mamans et 4 jeunes filles.                        Ces incidents de Mwegerera ont eu lieu dans les champs et dans leurs maisons d’habitation.

 

-         Cellule Lukumbo : 43 cas parmi lesquels 37 mamans et 6 jeunes filles.  Les filles ont été violées par des miliciens de retour de l’école.

 

-         Cellule Luhoko : 50 cas parmi lesquels 48 mamans et 2 jeunes filles.  Ces incidents ont eu lieu après affrontements pendant que les victime se cachaient dans leurs maisons d’habitation.

 

-         Cellule Cikamba : 25 cas toutes des jeunes mamans violées après affrontements armés et en pleine journée dans leurs maisons d’habitation.

 

-         Cellule Njove : 50 cas parmi lesquels 10 femmes ont d’abord été amenées en forêt pendant plus d’un mois et dans la suite rachetées par les leurs assistés de SOFEBU et du BTGRH moyennant une somme de 1.000 $ US (100 $ par femme).

 

-         Cellule Cihambe : 5 cas : toutes des jeunes mariées.

 

-         Cellule Nyakakoba : 10 cas parmi lesquels une jeune mariée violée le jour même de sa bénédiction nuptiale.

 

-         Cellule Buha : 1 cas : une vieille maman de + 60 ans.

 

Au total, de 1995 à 2003, SOFEBU a enregistré 330 cas de viols de ses membres soit par des hutu-rwandais, soit par des militaires congolais, soit par des tutsi-rwandais, soit par des miliciens.

 

Plusieurs autres cas restent encore ignorés, soit parce que les victimes ont peur de se dévoiler, crainte de se voir refusées par leurs maris pour les femmes mariées, ou de ne plus avoir un fiancé pour les jeunes filles.  Au regard de ces violences, nous avons observé quelques conséquences négatives :

 

-         Les jeunes filles victimes de ces viols ont désormais fui leurs villages pour la ville où elles vivent chez leurs frères.

-         50 cas de ces 330 identifiées sont désormais séropositives et vivent physiquement séparées de leurs maris.

-         20 cas (soient 20 femmes) ont vu leurs ménages disloqués.  Les maris refusant de vivre avec des femmes violées. 

-         Traumatismes et psychose constatés chez la plupart de toutes ces victimes.

-         Frustration observée dans les familles des victimes, surtout chez les enfants qui ont forcément assisté à ces scènes obscènes de viols de leurs mères, dans leurs maisons d’habitation !

 

Face à ces situations, SOFEBU et le BTGRH, soutenus activement par la zone de santé rurale de Walungu, ont organisé une vaste campagne de sensibilisation, de moralisation et de compassion dans les familles des victimes, en vue d’une véritable réinsertion sociale.  Profitant de la réalisation du projet « Eau potable pour action de santé préventive : captage et aménagement de 24 sources d’eau souterraine 2004 – 2005 » et du projet secours 12 sources 2007, dans lesquels maris, pères des victimes, elles-mêmes ont été activement appliqués, nous avons pu réinsérer 240 ménages qui vivent aujourd’hui en harmonie.

 

Nous continuons notre sensibilisation auprès de ces 20 autres maris qui, aujourd’hui, ne sont pas encore convaincus qu’ils pourront continuer à vivre avec leurs femmes violées et qui, heureusement, ne sont pas infectées.  Nous fondons l’espoir que si nous obtenions un autre financement, pour continuer à capter et à aménager d’autres sources d’eau souterraine, nous parviendrions à unir ces 20 foyers et à encadrer davantage toutes les autres victimes, comme par le passé.

 

En effet, grâce à notre projet « Eau, hygiène et assainissement », victimes des viols (femmes, maris et enfants des victimes) comprennent progressivement que ces incidents ne dépendent pas de leur propre volonté et ne doivent donc pas les séparer, d’autant plus que les hommes qui devaient protéger et défendre leurs épouses ont assisté impuissants à cette barbarie.

 

Excepté SOS Layettes S & D qui nous a obtenu le financement pour capter et aménager des sources d’eau souterraine, activités qui nous ont permis d’encadrer, de sensibiliser et de réinsérer socialement nos membres victimes des violences sexuelles,

Hormis la zone de santé rurale de Walungu qui nous a assistés pendant ces dures épreuves, nous accompagnant à travers toutes nos cellules et acceptant de dépister volontairement le VIH/SIDA en faveur des victimes et leur garantissant les premiers soins ;

Hormis le BDOM (Bureau Diocésain des Oeuvres Médicales de Mlle Maria MASSON, un sujet belge) qui, à travers son CODILUSI (Comité Diocésain de Lutte contre le Sida) a accompagné quelques unes de nos 50 femmes séropositives pendant deux ans, en leur donnant des ARV ;

SOFEBU n’a bénéficié d’aucune autre aide.  Tous nos regards sont donc tournés vers des personnes de bonne volonté, parce qu’il suffira de nous obtenir du financement, pour relancer nos activités sur le terrain et nous mettrons fin à cette psychose !

 

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

 

Recevez, chère Francine, nos meilleures amitiés et toute notre sympathie.

  Pour SOFEBU, 

Mme Marine M’MPUGA, Coordinatrice en fonction

 

Monsieur Vincent de Paul MUDEKEREZA, Responsable Administratif et Financier

  Pour le BTGRH, 

Dr le BON BARHWAMIRE, Président du conseil d’Administration

 

Pascal NTABIRUBA, Chargé de Projets